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Trois ans Hollande: 3 engagements pris, 3 non tenus, 3 surprises

par webmaster le 07-05-2015

Trois ans de Hollande: 3 engagements pris, 3 promesses non tenues, 3 surprises

François Hollande à Brest, le 30 avril 2015.

François Hollande à Brest, le 30 avril 2015. - PATTIER MATHIEU/SIPA

Thibaut Le Gal

François Hollande fête son troisième anniversaire en tant que président de la République. 20 Minutes a sélectionné trois engagements pris, trois promesses non tenues et trois réformes emblématiques qui n'étaient pas prévues initialement.

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Trois promesses tenues

  • Le mariage pour tous

C’était l’engagement numéro 31 du candidat Hollande. «J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels». Dans un climat parfois tendu, la loi autorisant le mariage pour tous a été adoptée le 23 avril 2013. Les couples homosexuels peuvent également demander l’adoption même si, dans les faits, les choses sont parfois plus compliquées.

  • Les rythmes scolaires

«Dans l’intérêt de nos enfants, je reverrai les rythmes scolaires, qui n’ont aucun équivalent en Europe». L’engagement numéro 38 a été tenu. Le gouvernement a mis en place le retour de la semaine de quatre jours et demi dans le primaire et a allongé les vacances scolaires de la Toussaint à deux semaines.

  • Les retraites

«Je ferai en sorte que tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé la totalité de leurs annuités retrouvent le droit de partir à la retraite à taux plein», disait l’engagement numéro 18 du candidat. En juillet 2012, un décret est pris en ce sens. Le retour à la retraite à 60 ans à taux plein devient possible pour celles et ceux qui auront cotisé la totalité de leurs 41 annuités sans atteindre la barre des 62 ans. Au final, quelque 100.000 personnes pourraient en bénéficier.

Le 18 décembre 2013, le Parlement adopte également une réforme qui allonge progressivement la durée de cotisation pour une retraite à taux plein et crée un compte pénibilité.

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Trois engagements non tenus

  • La renégociation du traité européen

Sur le plan européen, François Hollande n'a pas tenu ses promesses. En juin 2012, un pacte de croissance a bien été adopté par les Etats européens. Mais la France a ratifié le traité budgétaire introduisant la «règle d’or», le même que celui signé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel quelques mois plus tôt.  

  • Déficit public à 3%

«Le dé?cit public sera réduit à 3% du produit intérieur brut en 2013. Je rétablirai l’équilibre budgétaire en ?n de mandat». C’est raté. En 2013, le déficit public s’élevait à 4.3% du PIB. Pour le reste, la Commission européenne s’est montrée plus optimiste. Elle anticipe désormais un déficit public de 3,8% cette année, avant 3,5% l'an prochain. Le gouvernement français a obtenu deux ans supplémentaires, soit jusqu'en 2017, pour ramener son déficit public dans les clous européens, sous les 3%.

  • Pas de grande réforme fiscale

Dans ses engagements, François Hollande promettait «une grande réforme permettant la fusion à terme de l’impôt sur le revenu et de la CSG». La grande réforme fiscale promise a été enterrée par François Hollande.

Trois surprises du chef (de l’Etat)

  • Le pacte de responsabilité

Ce n’était pas une promesse de campagne. En janvier 2014, François Hollande invente «le pacte de responsabilité». Pour lutter contre le chômage, le texte prévoit 30 milliards d’euros de baisse de cotisations patronales en échange d'embauches. L’initiative est contestée par une partie de la gauche, qui y voit le symbole d’un tournant social libéral du président de la République.

  • La loi Macron

Autre surprise du quinquennat. Porté par le ministre de l’Economie, ce projet vise à «déverrouiller l'économie française» sur des sujets aussi divers que le travail du dimanche, la libéralisation des autocars, les professions juridiques, l'épargne salariale ou la cession de participations de l'Etat. Un texte «fourre-tout», accusent ses détracteurs. Craignant un rejet du texte de la part des frondeurs, Manuel Valls décide de recourir à l'utilisation de l'article 49-3, pour faire passer en force la loi Macron.

  • Loi sur le renseignement

Après les attaques de janvier, le gouvernement décide de renforcer l’arsenal juridique, notamment face au numérique. Le projet définit les missions des services de renseignement ainsi que le régime d'autorisation et de contrôle des techniques d'espionnage.

Ses opposants dénoncent le risque d’une «surveillance de masse» généralisée. François Hollande saisira lui-même le Conseil constitutionnel pour apporter une «garantie» au texte.