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Réseaux sociaux : vos secrets mieux gardés

par webmaster le 07-10-2015

Réseaux sociaux : vos secrets mieux gardés

Un arrêt de la Cour de justice européenne bouscule le business des multinationales d'Internet, tel Facebook.

Boris Cassel | 07 Oct. 2015, 08h00 | MAJ : 07 Oct. 2015,- Le Parisien


Facebook et les autres géants d’Internet pourraient être contraints de cesser d’envoyer des données personnelles de citoyens européens vers les Etats-Unis.
Facebook et les autres géants d’Internet pourraient être contraints de cesser d’envoyer des données personnelles de citoyens européens vers les Etats-Unis. (Picture-alliance/DPA/AP Images/Julian Stratenschulte.)

Votre nom, votre prénom, votre date de naissance, vos habitudes de consommation, vos courriels, vos photos, vos messages postés sur les réseaux sociaux... C'est tout l'objet de leur business. Google, Facebook et les autres géants du numérique transforment ces données personnelles que vous laissez sur la Toile en mine d'or (publicité ciblée, etc.


). Mais cette gigantesque machine à faire de l'argent s'est (un peu) grippée, hier. En cause, une décision de la Cour de justice de l'Union européenne saisie par Max Schrems, un jeune juriste autrichien.

Reprochant à Facebook de communiquer des informations personnelles aux services d'espionnage américains, cet activiste a obtenu de la Cour de justice européenne qu'elle « invalide » le Safe Harbour, régime qui encadre depuis quinze ans ces transferts de données à des fins commerciales. En clair, Facebook et les autres géants d'Internet pourraient être contraints de cesser d'envoyer des données personnelles de citoyens européens vers les Etats-Unis. Ou, tout du moins, de faire contrôler ces transferts de données par les autorités nationales.

Réaction aux Etats-Unis

Des milliers d'entreprises sont concernées. Ce qui fait dire à la secrétaire au Commerce américain, Penny Pritzker, que cette décision « met en péril l'économie numérique transatlantique qui est en plein essor ». En France, au contraire, comme le glisse une source gouvernementale, on se réjouit de pouvoir « imposer le même régime de contrôle à toutes les entreprises actives sur le marché européen », qu'elles soient américaines ou européennes...

Au-delà de la question du Safe Harbour, c'est tout le modèle économique des entreprises du numérique qui est en ce moment remis en question. Plusieurs projets législatifs à l'étude, notamment au niveau européen, pourraient, en partie, rebattre les cartes. Un exemple ? La portabilité des données, c'est-à-dire le droit de demander une copie des données personnelles collectées par une application et de les utiliser dans un autre programme informatique. « Une évolution cruciale, fondatrice », juge Gilles Babinet, représentant de la France auprès de la Commission européenne sur les questions du numérique. Elle devrait favoriser le développement des start-up sur le Vieux Continent.

Dans le même esprit, le projet de loi sur le numérique piloté par Axelle Lemaire qui arrivera au Conseil des ministres en novembre devrait obliger les messageries sur Internet à vous fournir sous la forme d'un fichier toutes vos correspondances lorsque vous quittez ce service. Une pierre dans le jardin de Google ou, entre autres, Yahoo.