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Fin d'année : comment survivre au stress de son boss

par webmaster le 07-12-2015

Fin d'année : comment survivre au stress de son boss

Par Lucile Quillet | Le 07 décembre 2015- Le Figaro.fr

Il ne pense qu'à boucler les chiffres de l'année et vous demande dix fois plus d'efforts, alors que vous êtes juste dix fois plus fatiguée. Guide de survie.

Décembre, l'odeur du sapin de Noël... et du roussi. Au bureau, toute l'équipe est en mode Koh-Lanta. Il faut boucler les dossiers, attraper les derniers clients et clore les chiffres annuels dans la panique pour faire rimer 2015 avec performance et croissance in extremis. Gérald, votre boss, est au zénith du stress et vous demande de rallonger vos horaires et de donner le « dernier coup de collier ». Mais voilà, l'année a été rude sur tous les plans, particulièrement en novembre. « Les entreprises ont peu traité des attentats de Paris alors que les gens ont été choqués et impactés. Le contre-coup est assez violent », atteste la coach Sylvaine Pascual. Malgré la bonne volonté et une conscience professionnelle impeccable, vous êtes un peu au bout du rouleau. Bonne nouvelle : la coach nous explique comment ne pas s'écrouler sous les aboiements de Gérald et terminer l'année la tête haute.

Demander une réunion au manager

Certains chefs ont été dépassés par les événements du 13 novembre. La fin d'année approchant, ils préfèrent planter la tête dans le sable plutôt que de rebattre les cartes des priorités de cette fin 2015. « L'année a été difficile, il faut boucler les objectifs, on doit être à fond mais personne n'est bien. Le manager n'est pas toujours parfait alors on peut soi-même prendre des initiatives, comme lui demander une réunion de groupe pour parler des dernières semaines et du travail, conseille Sylvaine Pascual. La spécificité de cette année rend l'échange particulièrement nécessaire pour voir si on garde les mêmes attentes et résultats que d'habitude ou si on s'accorde d'alléger la charge ».
Se serrer les coudes entre collègues

En période tendue, la coach préconise beaucoup de bienveillance et de solidarité entre collaborateurs. « Ce qui est important, c'est de se serrer les coudes entre collègues. Après les attentats, il y a eu comme un malaise en entreprise. On avait peur de prendre le métro le lundi ou d'apprendre que des collègues aient perdu des proches. Il ne faut pas seulement écouter les autres mais oser faire part de ce qu'on ressent ». De façon générale, quand l'équipe fait face à un chef imperméable, ressouder les liens permet de tenir sur la durée, en multipliant les repas entre collègues ou, pourquoi pas, les séances de sport à la pause déjeuner.
Adopter l'autodérision

Gégé Le Terrible ne s'en rend pas toujours compte, mais son attitude vire au burlesque. Ordres contradictoires, lancer de dossier sur les bureaux, remarques acerbes... Toute l'équipe se regarde, les yeux exorbités, hésitant entre panique et fou rire collectif. Relâchez la pression et autorisez-vous quelques imitations, crises de rires et répliques salutaires, du type : « J'aime l'effet ventilation de ce dossier qui claque sur mon bureau, j'avais un peu chaud ». « L'autodérision est positive, on vide son sac sans tomber dans le boss bashing, la médisance ou la victimisation, souligne Sylvaine Pascual. C'est un bon moyen de partager les choses en légéreté sans dramatiser, tout en faisant passer le message ».
Savoir dire non

« Si tout le monde reste une heure et demie de plus chaque jour, on peut finir l'année avec un nouveau record », annonce Gérald, sourire de winner aux lèvres, à votre équipe, cernes creusées, enthousiasme porté disparu. Ne cédez pas, conseille Sylvaine Pascual. « Si les objectifs n'ont pas été atteints sur les onze mois qui précédent, ils ne seront pas atteints par miracle dans les dernières semaines. Les gens vivent dans la peur du chômage, ils ont l'impression qu'ils ne peuvent rien dire ni faire, c'est faux ». Au moment d'expliquer à Gégé, en adoptant ce même sourire de winner, que vous ne serez pas de la partie, favorisez la communication violente. « On reste factuel, concret, on explique pourquoi tel dossier ne pourra pas être bouclé avant telle date plutôt que de lâcher 'moi je ne pars pas après 19h' ».

Si Gérald récidive en vous faisant miroiter une prime en récompense de votre investissement, ne devenez pas son joujou. « Un patron ne dira jamais ça à quelqu'un qui pratique l'affirmation de soi sur le long terme », assure Sylvaine Pascual. Selon elle, refuser le chantage revient à garder les portes de la manipulation fermées.
Ne pas devenir le psy du chef

C'est justement quand vous avez fait preuve de fermeté avec Gégé qu'il s'est effondré dans vos bras. La pression de la hiérarchie, les problèmes conjugaux avec sa femme qu'il voit deux soirées par semaine, les mauvais résultats du petit... Vous êtes d'abord touchée puis écrasée par ses confidences. Son stress, combiné au votre, fait effet boule de neige. « Les chefs ont des pairs, c'est à eux qu'ils doivent exprimer leur stress et non aux salariés, qui ne sont pas les meilleures oreilles auxquelles se confier.».

Quand à ceux qui verraient dans ce rapprochement soudain une place stratégique de premier choix, méfiance. « Cela peut se retourner contre vous, prévient la coach. Plus on est droit dans ses bottes, loin de la manipulation, mieux on est vu. Alors que, du jour au lendemain, le confident du boss devient une menace car il connaît trop bien ses failles et ce dernier va vouloir s'en débarrasser ». Et ça non plus, ce n'est pas une bonne façon de boucler l'année.