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Pour monter dans TGV, vous devez passer, portique, anti-fraude

par webmaster le 11-01-2016

Pour monter dans le TGV, vous devrez passer un portique «anti-fraude»

VIDÉO - A partir de ce lundi, la SNCF va tester, dans les gares Paris-Montparnasse et Marseille-Saint-Charles, un dispositif similaire à celui installé dans le métro. Une mesure qui vise à réduire la fraude qui lui coûte chaque année 300 millions d'euros



Fini l'accès aux TGV sans contrainte. A partir de ce lundi et ce jusqu'au 31 mars, la SNCF va tester, dans les gares Paris-Montparnasse et Marseille-Saint-Charles, un dispositif de portiques placés à l'entrée des quais. Son coût? Deux millions d'euros. Il ne s'agit pas des tourniquets bien connus des usagers du métro mais de portes vitrées qui s'ouvrent et se ferment lors de la validation du billet. Mais le principe est similaire: seuls les passagers qui pourront valider leur titre de transport aux portes d'embarquement seront autorisés à monter dans le TGV. Le lecteur sans contact associé aux portiques reconnaîtra aussi bien un billet classique, imprimé sur papier libre ou un titre sur carte ou smartphone. Ces portiques sont donc amenés, si le dispositif est jugé satisfaisant, à remplacer les agents de la SNCF qui effectuent dans certaines gares les contrôles des billets avant la montée dans le TGV. Mais du côté de la SNCF, on assure que «l'emploir sera maintenu» et qu'«il n'est pas question de déshumaniser les TGV». «Ce dispositif humain a fait ses preuves et a permis de réduire en moyenne de 25% la fraude dans les trains au départ des gares chaque jour», explique-t-on à la SNCF.

En revanche, ce dispositif n'a rien à voir avec les portiques de sécurité expérimentés pour les trains Thalys. Il n'empêche: la SNCF a prévu «pour augmenter la sécurité un chien renifleur, un garde de sécurité et des personnes qui demanderont si on peut ouvrir ce sac». «Il ne s'agit pas de contrôler si vous transportez des armes mais d'autoriser les seuls passagers munis de billets à monter dans le TGV», prévient Antoine de Rocquigny, directeur des opérations et du service aux clients chez Voyages SNCF, cité par Le Parisien-Aujourd'hui-en-France. Autrement dit: l'objectif est d'à terme de diviser par dix la fraude contre le TGV qui coûte chaque année à la SNCF 300 millions d'euros, dont 200 millions rien que pour le TGV. Tous les jours, les 750 trains à grande vitesse qui parcourent la France, transportent trois à quatre fraudeux en moyenne. Ce dispositif vient s'ajouter à d'autres mesures prises dans ce but, à l'instar de l'augmentation du prix des amendes.

Reste la question du flux de voyageurs. Pour éviter la trop longue attente lors de pics d'affluence, la SNCF a prévu une file pour les clients professionnels, une pour les abonnés, une pour les non-abonnés et une plus élargie pour les personnes handicapées (voir photo ci-dessous). Cinq à sept agents seront mobilisés à côté des portes d'embarquement pour prendre en charge les personnes à mobilité réduite ou les jeunes voyageurs qui voyagent seuls et dont les parents ne pourront pas franchir les portiques.

Prototypes de portiques de validation des billets à la gare Montparnasse. Le portique plus élargi est destiné aux personnes en fauteuil roulant.


Si le dispositif s'avère satisfaisant, il sera étendu d'ici 2017 dans quinze autres gares: Lyon, Nord et Est à Paris, Part-Dieu et Perrache à Lyon, Aix-TGV, Bordeaux, Le Mans, Montpellier, Nantes, Rennes, Saint-Pierre-des-Corps et Tours. Parmi les quatre industriels - Xerox, Scheidt & Bachmann, Thales et IER -, un seul sera retenu pour équiper les quinze gares. «Au-delà de la fiabilité technique, le dispositif sera jugé satisfaisant s'il ne constitue pas une contrainte pour les voyageurs c'est-à-dire s'il n'est pas cause de retard pour eux, en cas de forte affluence. Nous avons estimé le temps de passage à deux à trois secondes par voyageur», déclare-t-on à la SNCF. Des difficultés rencontrées notamment avec les portiques de sécurité mis en service le 20 décembre dernier à la suite de l'attaque d'un Thalys. «Lorsqu'il y a des trains très très très chargés, avec 600 ou 700 personnes, on a du mal à faire passer toutes les personnes en rang d'oignon», reconnaît le président de la SNCF, Guillaume Pépy.