Dans une étude publiée dimanche, la Fondation Jean-Jaurès se prononce en faveur d’un revenu universel de base. D’après elle, pour être efficace, la somme allouée à chacun des Français devrait avoir un montant «proche du seuil de pauvreté».

L’idée d’une allocation versée à tous les individus sans exception, quels que soient leur âge et leur situation, commence à percer dans le débat politique et interroge les économistes quant à son montant.

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La dernière étude de la Fondation Jean-Jaurès, réputée proche du Parti socialiste, a pris en compte trois paliers pour un revenu de base : 500 euros, 750 euros et 1.000 euros. Le niveau intermédiaire de 750 euros, avec un montant progressif suivant l’âge, apparaît d’après la Fondation comme le plus «réaliste», car le niveau le plus bas ne permettrait pas de couvrir les besoins essentiels et le plus élevé coûterait trop cher et aurait un effet dissuasif en matière d’emploi.

La somme de 750 euros se rapprocherait donc du seuil de pauvreté qui se définit comme le revenu minimal en dessous duquel une famille est considérée comme pauvre. En France, ce seuil est fixé en moyenne à 828 euros selon l'Insee.

Un coût global de 565 milliards d’euros

La somme de 750 euros mensuels serait versée à tous les Français âgés entre 18 et 65 ans.  Les moins de 15 ans se verraient verser quant à eux 225 euros par mois et les plus de 65 ans 1.125 euros.

Pour financer une telle mesure, qui couterait au total 565 milliards d’euros soit 26% du PIB, la Fondation Jean-Jaurès prône une réorientation de la quasi-totalité des dépenses sociales. Retraite, chômage, allocations familiales, assurance-maladie… Tout ou partie de ces dépenses seraient ainsi réaffectées au revenu de base.

Augmentation de la TVA et bons échangeables

À cela s’ajouterait une hausse de deux points de la TVA (actuellement fixée à 20% pour le taux normal) «dans une logique consistant à faire peser davantage la protection sociale sur la consommation plutôt que sur le travail», selon les auteurs.  Enfin, pas question de recevoir un chèque qui servirait à financer n’importe-quel achat. Ce revenu de base serait versé sous forme de bons à échanger contre des prestations de logement, de transports, de santé ou de culture.