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Alimentation : à chacun son assiette

par webmaster le 27-02-2017

Alimentation : à chacun son assiette

Veggie, bio, sans gluten, halal, casher, la fragmentation des pratiques alimentaires devient un enjeu crucial pour toute la filière, de l’agriculture à la grande distribution. Revue de détail à l’occasion du Salon de l’agriculture, à Paris.

LE MONDE ECONOMIE | 25.02.2017 à 09h52 • Mis à jour le 26.02.2017 à 07h40 | Par Nadine Bayle

Au royaume du bœuf bourguignon et de la choucroute alsacienne, on a toujours cultivé les particularismes alimentaires. A présent, au bout de la fourchette, les pratiques des Français s’atomisent. Désormais, chacun se concocte son régime, comme on se bricole une religion.

Quelque 37 % des Français excluent au moins un ingrédient de leur assiette, révélait il y a quelques mois une enquête mondiale de Nielsen sur l’alimentation. « De plus en plus d’individus choisissent une alimentation particulière pour diverses raisons, médicales, sanitaires, éthiques ou spirituelles », souligne la directrice des études consommateur au sein de l’institut, Isabelle Kaiffer-Sivan.

Si les fruits et légumes font un retour remarqué depuis trois ans, courgette et kiwi en tête en 2016, la viande poursuit son recul amorcé dans les années 1980. « Dans 34 % des foyers français en 2016, une personne au moins tendait à réduire sa consommation de produits d’origine animale, à des degrés variables », détaille Julia Burtin, la responsable des études stratégiques de Kantar Worldpanel.

« Il suffit d’inviter une dizaine d’amis à dîner pour s’apercevoir que les uns se disent allergiques, les autres suivent un régime ou ne veulent plus consommer ni viande ni produits laitiers », constate Vincent Grégoire, directeur à l’agence de style NellyRodi, qui y voit la perspective d’« une hyper segmentation de l’offre alimentaire ».

Attablé à l’étage du restaurant végan Hank Burger à Paris, Marc-Aurélien Espiaut, un étudiant en géographie de l’environnement, confirme qu’il doit choisir ses restaurants en fonction de ce que mangent ses amis. Lui n’a pas totalement renoncé à un bon hamburger saignant. Mais ce jour-là, une copine végétarienne d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) est de passage à Paris. Le bio, nouveau Graal  Sur un marché atone des produits de grande consommation, le bonheur pas sera-t-il de plus en plus par les niches ? Dans la grande distribution, Nielsen prévoit dans les deux ans qui viennent une croissance annuelle de 30 % pour les produits végétaux (steaks et yaourts de soja), de 50 % pour les produits sans gluten et de 15 % pour le lait sans lactose. Mais le nouveau Graal, c’est le bio. En répondant à bon nombre d’attentes, il se démocratise. Aujourd’hui, 70 % des Français en mangent tous les mois et 15 % tous les jours. Les ventes (tous circuits) ont bondi de 20 % en 2016, à 7 milliards d’euros,...


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