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Les expressions à bannir au bureau : Les vacances d'été,demain !

par webmaster le 13-03-2017

Les expressions à bannir au bureau : «Les vacances d'été, c'est demain !»

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Crédit: Studio Figaro. (DR).

LE BUREAULOGUE - Chaque lundi, Quentin Périnel, journaliste et chroniqueur au Figaro, décrypte un mot ou une expression grotesque que nous prononçons au bureau et qu'il faut éradiquer de notre vocabulaire.

Crédit: Studio Figaro. (DR).


«Tu te rends compte? L'élection présidentielle, c'est demain! Et je ne sais toujours pas pour qui je vais voter», ai-je entendu il y a quelques jours à la machine à café, lieu «noyau» d'un étage ou les collègues viennent discuter et ragoter. Seconde occurence, que vous devriez entendre à foisons durant les prochaines semaines: «Je n'ai toujours pas posé mes congés payés. Et pourtant, les vacances d'été, c'est demain.» La vie de bureau est si théâtrale. Que d'exagération, que d'angoisse... pour rien du tout. Qu'il est bon, parfois, d'utiliser son premier degré de compréhension. Pour ceux qui en doutaient, je vous rappelle que les vacances d'été ne sont pas demain, mais bien dans quatre mois. Vous êtes rassurés?

Il est impressionnant de constater à quel point, chaque jour, des dizaines d'événements, dates butoires, et autres impératifs ont lieu demain! «Benjamin, tu as avancé sur le projet? Je te rappelle que nous avons rendez-vous avec le client le 2 avril, et c'est demain.» Non, voyons. C'est dans vingt jours, très exactement. Au bureau, cette expression ridicule permet de créer l'illusion selon laquelle le jour J est imminent, et qu'il est urgent d'agir en conséquence. Dans le jargon d'un manager, insister sur le fait qu'une date butoire «est demain», c'est une façon de mettre la pression. En douceur. L'expression idéale pour mettre la pression, je l'ai évoqué dans une précédente chronique, est justement «sans te mettre la pression.» Effet garanti.

Ce qui est amusant avec les individus qui ramènent tout «à demain», c'est qu'ils représentent l'extrême opposé de ceux qui remettent tout au lendemain. Dire que le 2 avril est demain, c'est de la contre-procrastination. La phrase d'un salarié pressé par le temps! Pour ma part, je n'ai pas encore de sujet de chronique pour lundi prochain. Et pourtant, c'est demain.

Pour le bien de cette chronique, je vous encourage à revenir vers moi et me soumettre les horreurs que vous entendez autour de vous. Je vous répondrai à @quentinperinel sur Twitter et qperinel@lefigaro.fr par mail.