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Les expressions à bannir au bureau : Il est drivé par l'argent !

par Pierre Berthet le 10-04-2017

Les expressions à bannir au bureau : «Il est drivé par l'argent !»

  • Par Quentin Périnel
  • Publié le 10/04/2017 à 06:00  - Le Figaro.fr – Langue française.


LE BUREAULOGUE - Chaque lundi, Quentin Périnel, journaliste et chroniqueur au Figaro, décrypte un mot ou une expression grotesque que nous prononçons au bureau et qu'il faut éradiquer de notre vocabulaire.


Et vous, par quoi êtes-vous drivé, chaque jour au bureau? Contrairement à ce que peut laisser penser la subtile illustration de ma chronique, l'expression «drivé par» ne renvoie pas au transport dans le monde du travail. Peu importe avec quel véhicule - métro, bus, trottinette électrique, ou segway - vous vous rendez chaque matin créer de la valeur dans votre très chère entreprise. Ce qui importe, c'est le pathos, tous ces sentiments, ces convictions qui vous animent et vous motivent! Parler sérieusement d'un sujet aussi important avec une expression aussi risible est un exploit. Par quoi êtes-vous drivé alors? Si vous êtes un utilisateur quotidien de cette formule anglicisée biscornue, c'est que parler correctement la langue française ne fait manifestement pas partie de vos combats!

«Je suis drivé par la croissance», pourrait répondre n'importe quel patron qui a sans cesse en tête ses objectifs de performance. «Il est drivé par l'argent!», pourrait regretter un collaborateur à propos de son chef qu'il méprise... ou qu'il jalouse. «Je suis drivé par l'humain», pourrait assurer un manager qui a le souci des bonnes relations humaines avec tous les membres de son équipe et qui veut paraître irréprochable. J'attire d'ailleurs votre attention sur une précédente chronique que j'avais consacrée à l'expression «J'aime l'humain», un constat rassurant à une période où l'on parle à tort et à travers de robotisation du travail, mais aussi grotesque dans la mesure où peu de personnes ont des chiens, chats ou lapins-nains en guise de collègues. Avant d'aimer et d'embrasser présomptueusement l'Humain avec un grand H, il serait plus judicieux de commencer par aimer ses proches!

Et moi-même, par quoi suis-je drivé en écrivant ce texte? Je vous rassure: je ne l'ai pas écrite au volant d'un break Volvo. En revanche, ce qui m'anime et me motive, c'est de vous montrer avec humour et autodérision l'absurdité de notre façon de parler à tous... J'ose espérer que vous êtes touchés par ces nobles sentiments et que vous aussi, vous êtes «Le Bureaulogue-driven»! Je vous laisse déglutir difficilement, et entreprendre vous-même la traduction!

Pour le bien de cette chronique, continuez à me soumettre les horreurs que vous entendez autour de vous. Je vous répondrai à @quentinperinel sur Twitter et qperinel@lefigaro.fr par mail.

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