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Bac 2017 : les sept erreurs à éviter à l'épreuve de philosophie

par webmaster le 01-06-2017

Bac 2017 : les sept erreurs à éviter à l’épreuve de philosophie

Choisir son sujet trop rapidement, vouloir « ressortir » son cours, rester superficiel, se contenter d’une conclusion trop molle : les erreurs à éviter, selon Thomas Schauder, professeur de philosophie

LE MONDE |

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Epreuve de philosophie du bac, en juin 2014. AFP PHOTO / FRED DUFOUR

Chaque année, la philosophie ouvre officiellement le marathon du baccalauréat – ce sera, pour le bac 2017, jeudi 15 juin à 8 heures, pour les séries S, ES, et L. Et comme chaque année, avec le stress et l’appréhension suscités par cette épreuve, les mêmes erreurs reviennent dans les copies. Thomas Schauder est professeur de philosophie aux lycées Pierre de Coubertin à Bolbec et Françoise de Grâce au Havre (Seine-Maritime). Le Monde Campus a demandé à de jouer au jeu des sept erreurs à absolument éviter dans votre copie.

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1 – Choisir le sujet « refuge »

La première erreur est de se précipiter au moment de sélectionner son sujet parmi les trois proposés. Attention à ne pas « tomber » dans le « sujet refuge » explique-t-il, celui qui vous fait moins peur et sur lequel vous serez tenté de tirer à la ligne. Certains candidats choisissent par défaut l’explication de texte plutôt que la dissertation, car avoir une base les rassure.

Mieux vaut choisir le sujet « qui interroge, qui donne envie de réfléchir », sur lequel vous pourrez vous « faire plaisir ». Rappelez-vous que le correcteur notera votre capacité à vous questionner, à faire parler des idées entre elles : les vôtres, celles des auteurs – celui qui a écrit le texte et ceux que vous avez étudiés. Votre capacité à philosopher en somme.

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2 – Se lancer bille en tête dans l’écriture

Après avoir pris votre décision, prenez votre temps dans la lecture du sujet. Il faut le « décortiquer ». « Le plus important est surtout d’essayer de comprendre ce qu’on ne comprend pas », rappelle Thomas Schauder. Autrement dit, intéressez-vous à ce qui pose problème, à ce qui semble bizarre ou paradoxal dans l’énoncé du sujet, ou dans le texte que vous avez devant vous. Pourquoi cet élément vous pose question, voire vous choque, alors que cet autre semble évident ?

En philosophie « tout l’enjeu n’est pas de trouver des réponses, mais des questions », de problématiser. En cherchant avant tout à répondre à une question, celle qui vous saute aux yeux à la première lecture, vous prenez le risque de faire un hors-sujet, ou de rester superficiel.

Rappelez-vous que vous pouvez passer sans problème une heure et demie ou deux heures sur votre brouillon, le temps de vous interroger vraiment et de formaliser ces questions.

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3 – Avoir une réflexion superficielle

Parole de correcteur, la superficialité est « la » première chose qui énerve à la lecture d’une copie. Par exemple, un « catalogue d’exemples » qui ne servent à rien d’autre qu’à meubler l’espace, et non à poser la question qui en découle.

Dans un sujet sur le bonheur, ne vous contentez pas de « dire le bonheur c’est de passer du temps avec les copains, de jouer au foot, etc. », illustre Thomas Schauder. Il faut s’élever à « un niveau d’abstraction supérieur ». Partez de cet exemple simple pour aller vers plus de complexité.

Prenez soin d’interroger votre premier sentiment, de le mettre en contradiction avec un autre, ou avec une idée. « Le bonheur, c’est le repos ou le travail ? », il y a différentes manières d’être heureux non ?…

4 – Vouloir « ressortir » son cours

Rappelez-vous toujours qu’une bonne réflexion personnelle est plus importante qu’une bonne connaissance du cours. Thomas Schauder va même plus loin : « Dans une copie idéale, on retrouve bien entendu les deux. Mais si une priorité doit être donnée, elle doit aller à la réflexion personnelle. » Le correcteur sentira toujours un cours appris par cœur. Face au sujet ou au texte que l’on vient de découvrir, il faut éviter à tout prix de se dire « bingo ! », « j’ai eu un cours là-dessus, je vais pouvoir le ressortir ».

Autre danger : vous risquez de vous diriger tout droit sur un hors-sujet à vouloir absolument répondre à la question que vous auriez aimé qu’on vous pose et pas à celle précisément posée par le sujet !

Les cours que vous avez eus tout au long de l’année ne sont pas « un ensemble figé qui ne bouge pas ». En d’autres termes, tel philosophe qui soutient tel argument peut être « intéressant » à placer, intelligemment, « sur des sujets aussi variés que le bonheur, la justice ou la liberté ». Ce n’est qu’après avoir bien réfléchi aux questions posées par le sujet ou par le texte que vous pouvez faire appel à votre mémoire, aux « réponses » possibles de philosophes que vous avez croisés pendant l’année.

5 – Dans la dissertation, avoir un plan trop « simple »

« Grand 1 : “oui”, grand 2 : “non” » : dans une dissertation le pire des plans est celui qui « fait s’affronter deux positions adverses de manière trop superficielle », rappelle le professeur de philosophie. Vous pouvez plutôt partir d’une hypothèse simple dans une première partie, que vous allez nuancer dans une seconde, en évitant la confrontation caricaturale.

La troisième partie sert alors à « nuancer la nuance » en apportant une solution de conciliation entre les deux premières, ou une nouvelle hypothèse.


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