Qu’est-ce qu’un 'faux aliment' ?

«Certains produits sont entièrement conçus par les industriels agro-alimentaires. Ce sont les «faux aliments», explique Anthony Fardet. Et ces denrées ultra-transformées sont les véritables ennemies de nos assiettes, pour le chercheur. Elles sont partout, de la barre chocolatée aux céréales, en passant par les boissons. Pour les reconnaître dans les rayons du supermarché, il suffit de lire la longue liste d'ingrédients. «Si on compte plus de cinq composants tels que le sirop de glucose, isolat de protéines ou encore lactose, alors c’est en un», définit-il. Il estime leur présence entre 40 et 50 % dans les rayons français. Certains «faux aliments» sont dissimulés sous des packagings attractifs et trompeurs, avec des mentions poussant le consommateur à croire qu’ils seraient bon pour la santé. «Comme par exemple, les céréales de petit déjeuner pour enfants, portant le logo blé complet. C’est en réalité une catastrophe sanitaire, autant leur servir un bol de sucreries chaque matin», s’insurge le chercheur. Méfiance aussi pour certains yaourts aux fruits allégés et pour quelques boissons gazeuses. Attention également aux étiquettes végétariennes et sans gluten, elles peuvent cacher des «faux aliments» comme certains steaks de soja. «Même si, avec le label bio, le nombre d’additifs baisse car ils sont interdits», précise-t-il.

Un vrai risque pour la santé

Selon Anthony Fardet, en France un adulte consomme en moyenne 36 % de calories ultra-transformées par jour. Une proportion certes plus faible que dans les pays anglo-saxons – plus de 50 % par jour – mais qui reste trop élevée pour le chercheur. Il préconise une à deux portions par jour grand maximum, soit l’équivalent d’une canette de soda. «On doit utiliser ces produits pour dépanner ou pour se faire plaisir mais ils ne doivent pas être la base de notre alimentation», précise-t-il. Car s’ils sont faciles et rapides à préparer, ces «faux aliments» sont mauvais pour la santé. «Peu rassasiants et hyperglycémiants, ils donnent envie de grignoter toute la journée. Cette source de sucres rapides riche en énergie est en réalité composée de calories vides, sans fibres, minéraux ou vitamines, ce qui favorise l’apparition du diabète et de l’obésité», explique le chercheur. Avec en prime l’augmentation du risque de développer des maladies cardio-vasculaires et certains cancers.

Pour une alimentation saine, Anthony Fardet recommande de manger varié et d’augmenter sa ration de calories végétales. «Un repas sans produits végétaux n’est pas un bon repas. Il ne faut pas hésiter à réduire sa portion de viande et de poisson, sur le modèle du régime flexitarien», développe-t-il dans son livre. Pour cela, il recommande de manger chaque jour 5 fruits ou légumes peu transformés, c’est-à-dire préparés à la maison. «Si en plus, on les choisit bios, locaux et de saison c’est parfait pour soi et pour la planète», conclut-il.

(1) Halte aux aliments ultra transformés ! Mangeons vrai, Anthony Fardet, éditions Thierry Souccar, 256 pages, 19,99 €.