'Un Oscar est un Oscar. C'est la plus grande récompense dont un cinéaste peut rêver. Je crois que ça veut tout dire', a déclaré Alexandre Desplat en coulisses, son trophée dans les bras. Lui qui a été nominé six fois depuis 2007 a enfin obtenu la statuette dorée : à 53 ans, Desplat est le septième Français à remporter un Oscar lié à la musique. Il succède notamment à Maurice Jarre, Michel Legrand et plus récemment Ludovic Bource, Oscar de la meilleure musique de film pour The Artist en 2012.

Les étagères du compositeur ne manquent pourtant pas de récompenses. On y trouve du Bafta, du Golden Globe et du Grammy Award, sans compter trois César remportés grâce à De battre mon cœur s'est arrêté (2006), The Ghost Writer (2011) et De rouille et d'os (2013). Un palmarès réalisé en tout juste dix ans...

Une enfance bercée de musiques du monde

Alexandre Desplat a baigné dès l'enfance 'dans un tourbillon musical', du jazz à la bossa nova en passant par les musiques grecque et arabe. 'J'ai pris beaucoup de temps à me construire et à savoir quel était mon univers, j'avais tellement d'influences qu'il a fallu que je les synthétise', a déclaré le musicien. Quant à sa passion pour le cinéma, elle est 'presque aussi forte que pour la musique' : il a notamment été président du jury de la dernière Mostra de Venise.

La carrière du compositeur s'internationalise avec ses partitions pour La jeune fille à la perle de Peter Webber en 2003, puis Birth de Jonathan Glazer l'année suivante. C'est le déclic. 'Les gens appelaient et réclamaient la personne qui avait composé la musique de Birth', se souvient Laura Engel, son agent. Dès lors, les projets avec les plus grands cinéastes s'enchaînent : Fincher, Polanski, Frears, Wes Anderson et George Clooney, font appel à lui.

Alexandre Desplat, qui vit toujours à Paris, a signé plus d'une centaine de bandes originales dont le dernier volet de la saga Harry Potter, un des temps forts de sa carrière. 'Etre devant cent musiciens au pupitre tous les jours, debout pendant 9 heures, avec le staff de la Warner et des producteurs en cabine qui attendent que vous les surpreniez, c'est beaucoup de pression', se souvient-il.