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Commerces à Paris : le grand chamboulement

par webmaster le 12-03-2015

Commerces à Paris : le grand chamboulement

Créé : 11-03-2015 Metronews

CONSOMMATION - L’Apur, Atelier parisien d’urbanisme, vient de livrer son enquête sur l’évolution du commerce parisien entre 2011 et 2014. Des données chiffrées sur lesquelles s’appuie la mairie pour déterminer ses axes d’action. Si le nombre d’enseignes est en augmentation, des secteurs d’activités disparaissent, et d’autres se développent.

D’après l’Apur, avec 280 enseignes pour 10 000 habitants en moyenne, Paris a une densité de commerces largement supérieure aux centres des grandes villes de province, ainsi que Londres.
D’après l’Apur, avec 280 enseignes pour 10 000 habitants en moyenne, Paris a une densité de commerces largement supérieure aux centres des grandes villes de province, ainsi que Londres. Photo : PIERRE VERDY / AFP

Bye-bye les serruriers, les agences de voyage, les photographes. Voilà les opticiens, les supérettes, les salons de tatouage. C’est le constat de l’Apur, Atelier parisien d’urbanisme, qui vient de livrer son étude sur l’évolution du commerce dans la capitale entre 2011 et 2014. Globalement, avec 62?114 commerces recensés en 2014, soit 470 de plus qu’en 2011, Paris est 'dynamique et attractive'. Mais dans le détail, des différences apparaissent suivant les activités. Décryptage.

? L’arrivée en force des opticiens
Plusieurs activités ont le vent en poupe. En premier lieu, les opticiens confirment leur percée : avec 138 nouvelles enseignes, les boutiques sont en hausse de 18% depuis 2011. Suivent ensuite les supérettes (+9%), détenues par les grands groupes de distribution alimentaire, qui ne cessent de se multiplier depuis les années 2000. Les établissements de soins du corps (+6%), et les cafés et restaurants (+4%), notamment la restauration rapide et les cuisines exotiques, sont aussi parmi les secteurs qui se développent le plus.

? Le retour de la proximité
De nouvelles habitudes de consommation s’installent chez les Parisiens. 'Il y a un retour aux achats dans son quartier, alors qu’il y a quelques années on prenait sa voiture pour aller en périphérie', note Philippe Solignac, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI). En témoigne la hausse de 43% de l’alimentaire spécialisé, répondant à une attente de qualité de la clientèle : les cavistes ont le vent en poupe (+15%), tout comme les torréfacteurs (+13%), les chocolatiers (+10%), ou encore les produits bio (+9%). Autre bonne nouvelle, l’alimentaire traditionnel (boulanger, primeur, charcutier), qui avait tendance à diminuer lors des précédentes enquêtes, résiste bien. 'Les clients se tournent à nouveau vers un savoir-faire, un conseil personnalisé qu’on ne trouve pas forcément dans les grandes surfaces', analyse Philippe Solignac.

? La fin des librairies ?
De nombreux secteurs souffrent de la concurrence du e-commerce. Ainsi, les libraires et bureaux de presse ferment à un rythme accéléré (-10% depuis 2011, soit 83 librairies en moins). D’autres souffrent aussi de l’excellent équipement des ménages en high-tech : photographes (-13%), boutiques de téléphone ou de matériel informatique (-7%), agences de voyages (-14%), cybercafés (-33%) ou encore vidéoclubs (-63%). Mais la plus forte baisse concerne les commerces de gros (-23%) : 612 établissements disparaissent, victimes des loyers ainsi que de politiques incitatives de la Ville, et se transforment, essentiellement, en magasins de prêt à porter.

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De nouvelles activités apparaissent

Les boutiques de cigarettes électroniques, arrivées récemment, entrent pour la première fois dans le classement de l’Apur. Elles sont 235 à Paris en 2014. D’autres concepts se dessinent. 'Il y a deux tendances paradoxales', indique Philippe Solignac, président de la CCI d’Ile-de-France. 'D’un côté, des commerces de niches se développent, répondant à des besoins ultraprécis, comme l’Atelier du sourcil ou de la frange, ou des restaurants qui ne font que des petits déjeuners.' De l’autre, il note le développement de la 'multi activité', comme les restaurants-épicerie, des librairies-restaurants ou même droguerie et nourriture sur le pouce, à l'exemple de la Trésorerie dans le 10e. Le signe, selon Philippe Solignac, que le commerce parisien ne cesse de se réinventer et s’adapter aux nouveaux besoins.
 
Sibylle Laurent