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Xavier Pincemin : J'étais venu pour gagner Top chef ....

par webmaster le 19-04-2016

Xavier Pincemin : «J’étais venu pour gagner Top chef»

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Xavier Pincemin est le nouveau Top chef ! Le cuisinier versaillais vient de remporter l’édition 2016 du concours culinaire de M6 face à Coline en obtenant 52,5 % des votes. Il revient sur cette aventure.


Vous gagnez sur le score de 52,5 %, cela ne s’est pas joué à grand-chose…
Les conditions étaient difficiles pour tous les deux. Envoyer 100 couverts, ce n’est pas facile, qui plus est avec des commis avec lesquels on n’a pas l’habitude de travailler. Pour moi, cela a été dur, je n’étais pas forcément proche des autres candidats, ils voulaient que Coline gagne. Certains n’étaient pas trop impliqués. Thomas a été super, les autres pas tant que cela. J’ai, par exemple, douté de l’implication de Franck.

Coline comptait sur ce dernier pour réaliser son dessert, avez-vous fait exprès de le prendre?
J’avais prévu de le prendre parce que je ne suis pas un pro des desserts, et je me suis dit qu’il pourrait me donner un coup de main. J’ai eu la chance de pouvoir choisir en premier. Il m’a aidé, mais je l’ai trouvé un peu bizarre. C’est un professionnel de la pâtisserie et, quand je lui ai demandé de faire une île flottante - ce qui n’est pas si compliqué -, il a eu un peu de mal et j’ai dû rester derrière lui. Je me suis demandé s’il n’y avait pas un peu de mauvaise volonté. Après, il m’a bien aidé, je ne veux pas cracher dans la soupe. J’ai juste eu un moment de doute.

Comment s’est déroulée la finale pour vous?
Pour séduire les bénévoles de la Croix-Rouge, j’ai misé sur le spectaculaire plutôt que sur les goûts complexes. J’ai décidé de dresser mes plats différemment. Mon entrée chaude était présentée dans une carapace d’araignée de mer, ça passe ou ça casse. Pour le plat, cela a été très dur. Pierre Meneau devait couper des choses de manière très fine et il s’est coupé la main. Il a été arrêté pas mal de temps. Le dessert s’est plutôt bien passé. Je sais que, si j’ai gagné Top chef, c’est grâce au dessert! À la fin, j’avais un peu la haine parce que cela ne s’est pas passé exactement comme je le voulais. Je suis reparti pas content de moi. J’étais sûr d’avoir perdu…

Que retenez-vous de la cérémonie des couteaux?
C’était un moment exceptionnel! Je ne voulais pas prévenir beaucoup de monde parce que j’avais un peu honte, je ne pensais pas gagner. J’ai découvert, en fait, qu’il y avait ma mère, ma sœur, mon chef et tous mes meilleurs potes! Je ne pouvais plus parler tellement j’avais la gorge nouée. C’était un moment très, très fort. Quand on a découvert le pourcentage, on a tous été sous le choc. C’est la première fois dans l’histoire du programme qu’il y a si peu d’écart. Quand j’ai tiré le couteau et que j’ai vu la couleur argent, j’ai hurlé, je n’en pouvais plus. C’est énorme. J’ai voulu faire ce concours pour moi et pour mes parents. Je voulais leur prouver que je pouvais réussir dans la vie en cuisinant et devenir quelqu’un.

Comment vous sentez-vous aujourd’hui?
Je ne réalise pas encore que le Top chef 2016, c’est moi! Il y a plein de choses qui s’ouvrent. C’est un tremplin énorme. Mon projet de devenir chef va peut-être se réaliser. Je me donne huit mois pour soit devenir chef d’un grand restaurant ou soit que l’on me finance un restaurant. Je reçois déjà des propositions par mail de plusieurs hôtels et restaurants sur Paris. J’ai aussi rencontré des gens qui aimeraient investir pour moi dans un établissement. J’y réfléchis, je veux faire les choses bien.


Comment imaginez-vous votre restaurant?
Avec de la très bonne cuisine, bien maîtrisée. Obtenir une étoile, cela serait le rêve. Je vais tout faire pour en décrocher une. J’ai envie que les gens se sentent bien chez moi.

Préparez-vous le choc des champions face à Pierre Augé?
Je suis actuellement très concentré sur cette émission. Je veux battre Pierre. Il ne me fait pas forcément peur. Je m’entraîne chaque jour pour gagner ce défi. Je suis stressé par le direct, il ne faut pas se planter.

Qu’avez-vous pensé de la présence des chefs pendant les épreuves?
C’était vraiment génial. Ils étaient là pour nous pousser à fond. Ils nous ont donné beaucoup de conseils, c’est peut-être cela qui m’a permis de gagner! Cela a été des rencontres extraordinaires. Je suis allé chez Gordon Ramsay à Bordeaux pour une journée de travail (le chef anglais est propriétaire du Trianon Palace où travaille Xavier). J’en ai profité pour faire une visite surprise à Philippe Etchebest, dont le restaurant est juste en face. C’était super, on a parlé très longuement.

Un mot sur Coline…
C’est une fille bien que j’ai découverte pendant le concours. Au fil de la compétition, elle est devenue mon ennemie numéro 1. Je l’avais dans le collimateur. C’était la seule à pouvoir me prendre le titre. Il faut faire attention aux femmes en cuisine, elles sont dangereuses. Ce sont peut-être les personnes qui m’impressionnent le plus. J’ai beaucoup de respect pour elles. Je les trouve fortes, en général. Je travaille avec des femmes en cuisine et elles ont beaucoup de délicatesse, de facilité. Coline est quelqu’un de très créatif. Elle a ouvert son restaurant, c’est bien, une belle carrière l’attend.

Qu’avez-vous appris sur vous-même dans cette aventure?
Cela m’a permis de me sentir moi-même avec mon style de cuisine et de beaucoup prendre confiance en moi. Gagner ce concours m’a prouvé que j’avais ma place dans ce milieu.

Vous êtes un vrai compétiteur…
Dans le concours, j’étais différent de ce que je peux être dans ma brigade. Je suis vraiment quelqu’un de très déterminé. Certains téléspectateurs n’ont pas aimé quand je n’ai pas donné le jus d’orange ou la vanille à d’autres candidats. C’est un concours. Dans la vie, je suis quelqu’un de gentil. Là, j’étais venu pour gagner, il y a des jours où il faut penser à soi.

Comment vivez-vous votre notoriété?
Dès le début de la compétition, il y a eu des retours négatifs sur moi. On a dit que j’avais le melon… J’ai marqué le coup dès les premiers jours en étant deux fois coup de cœur. Si j’étais prétentieux et que j’avais raté mes plats, je l’aurais mal vécu. Là, les gens pouvaient parler de ma mentalité, mais ils n’avaient rien à dire sur mes assiettes. Finalement, j’ai fait le buzz et tant mieux. Cela a activé la machine. La notoriété ne me dérange pas. Au contraire, je trouve cela bien que les gens parlent de moi.

Propos recueillis par Emmanuelle Litaud


Emmanuelle Litaud Journaliste Journaliste