RETOUR


A partir 6 février, les Français changer banque plus facilement

par webmaster le 31-01-2017

Les Français pourront changer de banque plus facilement


À partir du 6 février, les particuliers pourront demander à l'établissement financier qu'ils souhaitent rejoindre de se charger de toutes les démarches.

À compter du 6 février prochain, changer de banque sera plus aisé grâce à l'entrée en vigueur d'une mesure de la loi Macron. Pour rejoindre une autre banque, il suffira désormais de donner mandat à l'établissement de son choix. Celui-ci se mettra en contact avec l'ancienne banque, pour effectuer la transition sans que le client ait besoin d'intervenir. Le changement de domiciliation des prélèvements et virements sera automatique, et devra être accompli dans un délai de 22 jours ouvrés. «Le fait que le changement de domiciliation soit automatique et qu'il soit assorti d'un délai est une réelle avancée», estime Matthieu Robin chez UFC-Que choisir.

À ce jour, c'est au client que revient la tâche fastidieuse de récupérer, auprès de la banque délaissée, le relevé des opérations récurrentes réalisées sur son compte (virements, prélèvements, etc.). C'est lui qui doit transmettre ces données à son nouvel établissement. L'ancienne banque a l'obligation de le prévenir de l'arrivée d'un chèque ou de tout autre paiement sur un compte clôturé. Mais jusqu'au 6 février, aucune date butoir ne s'imposait à elle, si bien que 250.000 à 450.000 chèques sont rejetés chaque année parce que le compte ne fonctionne plus. De tels incidents touchent jusqu'à 15 % des Français qui changent de banque. Selon une étude OpinionWay pour Boursorama, une personne sur quatre estime d'ailleurs que changer de banque est «risqué» et redoute des erreurs.

Les clients audacieux ne sont de fait pas nombreux. Seuls 4,3 % des Français ont changé de banque entre 2015 et 2016, selon une étude réalisée en novembre par le cabinet Bain & Company. C'est deux fois moins que la moyenne européenne et quatre fois moins que pour l'assurance-automobile ou l'assurance-santé.

Les Français sont-ils particulièrement satisfaits de leur banque pour autant? Pas forcément. Selon l'étude de Bain, ils seraient plus nombreux à dire du mal de leur établissement qu'à le recommander. Toutes les études récentes montrent qu'une proportion significative de particuliers (12 à 25 %) envisage de changer de banque grâce à la loi Macron. Les plus susceptibles de franchir le pas sont les clients les plus jeunes et les plus aisés, souvent multibancarisés.

Alors 2017, année big bang pour les banques et leurs clients? Pas si sûr. D'abord parce que «les consommateurs sont assez frileux lorsqu'il s'agit de changer d'établissement et restent attachés à leur banque principale. Ils ont l'impression que la banque B propose plus ou moins la même chose que la banque A», explique Daniel Pion, associé banque de détail chez Deloitte. Selon une étude du cabinet, même si les particuliers se rendent de moins en moins dans leur agence, la première raison qui justifie le choix d'une banque plutôt qu'une autre est… la proximité du domicile. Quant aux jeunes, ils sont 40 % à choisir la banque de leurs parents! «Est-ce que la loi Macron va changer la donne du tout au tout, je ne pense pas», analyse le consultant. Lorsqu'il s'agit de juger leur établissement, les clients sont d'abord attentifs à la qualité du service et à la compétence de leur conseiller, plutôt qu'aux tarifs, pourtant plus faciles à comparer.

«La loi Macron est une avancée pour les consommateurs mais ce n'est pas la panacée», ajoute Matthieu Robin. L'association redoute la persistance de barrières à la sortie, telles qu'une information insuffisante des consommateurs, la persistance de frais liés au rejet de paiements sur le compte clôturé ou encore le coût lié au transfert des comptes épargne. En moyenne, transférer un plan épargne logement d'une banque à une autre coûte en effet 80 euros. La même démarche pour un PEA coûte 110 euros. De quoi faire réfléchir un client qui souhaiterait changer de banque pour réaliser des économies. Quant aux contrats d'assurance-vie et aux crédits immobiliers, la plupart des établissements conditionnent leur octroi à l'ouverture d'un compte chez elles. Dire définitivement adieu à sa banque devrait rester, quelque temps encore, plus compliqué que de changer d'opérateur téléphonique.