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Brexit : chute 7% inscriptions étudiants européens Univ. G.B.

par webmaster le 27-02-2017

Brexit : chute de 7% des inscriptions d'étudiants européens dans les universités britanniques

Lemonde.fr

Publié le 18 février 2017 / 0 commentaire


Voilà encore un secteur impacté par le résultat du référendum sur le Brexit : l'éducation. Depuis le 23 juin dernier, les universités britanniques enregistrent une baisse de 7% pour les inscriptions d'étudiants en provenance d'autres pays de l'Union Européenne.

Les fortes incertitudes liées au maintien des partenariats européens entre les universités britanniques et trente-deux autres pays - les 27 membres de l'Union Européenne, la Norvège, l'Islande, le Liechtenstein, la Macédoine et la Turquie - sont l'origine de cette baisse. Créé en 1987 dans le cadre de l'Espace européen de l'enseignement supérieur, le programme Erasmus facilite les échanges entre les étudiants et enseignants des universités et grandes écoles européennes. 3.000.000 d'étudiants en ont déjà bénéficié.

L'énorme atout de ce programme pour les étudiants venant d'établissement public est de pouvoir accéder à des universités étrangères privées, en ne payant que les frais d'inscription de leur université d'origine. La fin de ces partenariats avec le Royaume-Uni signifierait par conséquent que les étudiants étrangers perdent cet avantage alors que les frais universitaires sont très élevés au Royaume-Uni. L’Équipe du Bureau de Londres a rencontré Guillaume, originaire de Strasbourg et en échange à l'Imperial College de Londres. Il a pu nous faire part de ses inquiétudes sur la question, également partagées par les responsables universitaires britanniques :

Ajouté à cela un coût de la vie britannique important et l'éventuelle perte des aides et bourses financières accordées lors de ces échanges, les conséquences sont inéluctables.

L'Université de Cambridge enregistre par exemple une chute de 14% de demandes étrangères et la part la plus touchée dans l'ensemble du Royaume-Uni est celle des plus de 25 ans, avec presque un quart d'inscriptions en moins (-23%), comme le rapporte le Huffington Post.

Mais selon Mary Curnock Cook, la directrice du Service des Admissions dans les universités et les collèges britanniques, ce dernier chiffre est aussi en partie dû « au fort recrutement des jeunes dans les entreprises ces dernières années, réduisant la proportion des potentiels candidats plus âgés, et probablement à l'augmentation des embauches, du salaire minimum et des opportunités d'apprentissage. »

Qui plus est, le nombre d'inscriptions des nationaux est également en déclin de 5% - 7% au Pays de Galles, 6% en Angleterre, 5% en Irlande du Nord, 2% en Écosse -, ce qui n'est pas rassurant pour la Présidente des universités britanniques, Julia Goodfellow.

« Si le déclin n'est pas catastrophique, particulièrement grâce à l'année record qu'a été 2016, il est malgré tout urgent que nous proposions des solutions », a-t-elle déclaré. Pour l'enseignant John Latham, vice-chancelier de l'université de Coventry, « ces chiffres prouvent que, même si le Royaume-Uni est une destination très intéressante pour les étudiants, le Brexit a des conséquences alarmantes. »

La solution pourrait-elle passer par une délocalisation à l'étranger ? L'Université Paris-Seine veut en tout cas attirer les universités britanniques en France, en les invitant à s'installer sur le futur campus international de Cergy-Pontoise. « Nous voulons les inviter à développer des partenariats scientifiques avec nos institutions », a déclaré Anne-Sophie Barthez, Présidente de l'université parisienne, au journal britannique Times Higher Education.

Si l'avenir est donc incertain, le début des négociations nous en dira certainement plus sur le futur de ces relations universitaires...

Marine Clerc avec Alban Mikoczy