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Les expressions à bannir au bureau : Au temps pour moi ! ....

par webmaster le 23-10-2017

Les expressions à bannir au bureau : «Au temps pour moi !»

  • Par  Quentin Périnel  Le Figaro
  • Mis à jour le 23/10/2017 à 09:50
  • Publié le 23/10/2017 à 06:00

LE BUREAULOGUE - Chaque lundi, Quentin Périnel, journaliste et chroniqueur au Figaro, décrypte un mot ou une expression grotesque que nous prononçons au bureau et qu'il faut éradiquer de notre vocabulaire.

Avec le grain à moudre que vous me donnez chaque semaine en me proposant des tics de langage par mail et toutes les expressions que j'entends moi-même tous les jours, je n'ai malheureusement pas le temps de traiter tous les sujets... J'espère que vous me pardonnez. Au temps pour moi! Et autant pour vous. À moins que cela ne soit l'inverse? Lorsque l'on ne sait pas écrire un tic de langage, c'est un signe terrible! «Au temps pour moi» - c'est comme cela qu'on l'écrit convenablement - employé avec excès il pollue les conversations, et mal orthographié il pollue l'écriture. Que veut dire exactement ce tic issu du jargon militaire? Il s'agit d'admettre son erreur... sans réellement formuler d'excuses. Cela ne constitue pas un véritable «mea culpa». Dans le langage militaire, «Au temps!» est utilisé afin d'ordonner la reprise d'un mouvement depuis le début suite à une erreur!

Au temps pour moi, donc. Je recommence! Les vrais utilisateurs de cette expression, les aficionados, n'ont pas prononcé les mots «veuillez m'excuser», «je me suis trompé», ou «désolé» depuis des années. Au temps pour eux, en toutes circonstances! Un retard de vingt minutes à une réunion, devant la gêne de l'assemblée qui a mis un point d'honneur à arriver à 9h pile? «Au temps pour moi», déclare l'intéressé en entrant dans la pièce, sans avoir l'air de se sentir coupable. Dans l'ascenseur, utilisation du bouton «fermeture de la porte» devant le nez de trois collègues qui voulaient l'emprunter? «Au temps pour moi», se justifie le goujat en s'enfermant sans faire la moindre tentative pour retourner la situation. «Au temps pour moi», ce sont les excuses de l'individu sans-gêne. C'est pour cela que son utilisation est frénétique, à chaque erreur que l'on s'autorise sans l'assumer!

Je précise également que «au temps pour moi» existe aussi, mais sa signification est tout à fait différente! Elle consiste à parler d'une quantité. Si vous prenez un verre avec vos collègues en sortant du bureau et que l'un deux demande un verre de Pouilly, vous pouvez ajouter «au temps pour moi» pour indiquer que vous désirez la même chose... La probabilité pour que votre collègue vous paie le verre est malheureusement très faible, malgré vos goûts similaires. Au temps pour lui!

Pour le bien de cette chronique, continuez à me soumettre les horreurs que vous entendez autour de vous. Je vous répondrai à @quentinperinel sur Twitter et qperinel@lefigaro.fr par mail.