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Les expressions à bannir au bureau : Je me mets en arrêt ! ....

par webmaster le 08-01-2018

Les expressions à bannir au bureau : «Je me mets en arrêt !»

LE BUREAULOGUE - Chaque lundi, Quentin Périnel, journaliste et chroniqueur au Figaro, décrypte un mot ou une expression grotesque que nous prononçons au bureau et qu'il faut éradiquer de notre vocabulaire.


J'ose espérer que vous avez réussi, avant d'aborder sereinement 2018, à poser la totalité de vos RTT avant la date fatidique du 31 janvier. Ou a minima de les avoir laissées bien au chaud sur votre compte épargne-temps! Alors qu'un grand nombre d'entre vous rentrent précisément du ski ou autre destination typique de cette période, c'est bien de congés dont je vais vous parler dans cette première chronique de l'année. Ou plutôt des «arrêts» et de l'utilisation très galvaudée de ce terme! Imaginez. Deux collègues discutent en se délectant d'un Nespresso. «Je ne supporte plus Audrey, c'est une c******, je vais finir par lui faire gober son smartphone ou crever un pneu de son vélo électrique», assène l'un, ivre de rage. L'autre: «Il faut qu'elle comprenne que tu es irremplaçable. Tu n'as qu'à te mettre en arrêt». En voilà une riche idée.

«Te mettre en arrêt.» Un arrêt maladie, donc. Étrange conseil! Un salarié aurait donc le pouvoir de décider d'être malade? Mieux: il pourrait choisir de se mettre lui-même en arrêt alors que cette décision est censée être arbitrée ou décidée par un médecin généraliste? Ne soyons pas hypocrites: qui n'a jamais entendu un collègue prononcer les mots «je vais me mettre en arrêt» après un différend avec un supérieur, par exemple, ou après une décision incomprise? Le collaborateur pourrait dire: «je vais prendre quelques jours de repos» ou «je vais souffler quelques jours». «Se mettre en arrêt maladie» est beaucoup plus fort. L'aveu d'être malade de son travail sans l'être vraiment. Attention: évidemment, je ne dis pas que tous les arrêts maladie sont factices, bien au contraire! Mais cette expression à la mode traduit bien quelques abus...