RETOUR


Législation.autoentrepreneur : comment se lancer ?

par webmaster le 09-04-2018

Autoentrepreneur : comment se lancer ?


lundi 9 avril 2018 09:19 – l’hôtellerie - restauration - Thiphaine Bussereau


Chef à domicile, maître d'hôtel indépendant, propriétaire d'un food-truck…, à titre principal ou en complément d'une activité salariée, si vous faites partie de ceux qui veulent se lancer en indépendant dans le secteur des CHR, voici l'essentiel à savoir.

L'autoentrepreneur est un entrepreneur qui a créé une entreprise individuelle soumise au régime de la microentreprise (le 'microsocial' pour les charges sociales, le 'micro-fiscal' pour les impôts liés à son activité). Il n'y a pas de différence entre les deux : l'autoentrepreneur est un 'micro-entrepreneur'.
 

? Distinction autoentrepreneur/entrepreneur individuel

Au plan juridique, il n'y a pas de différence. L'autoentrepreneur est un entrepreneur individuel. Dans les deux cas, il n'y a pas création de personne morale, l'entrepreneur et l'entreprise ne font qu'un. L'entrepreneur est responsable à titre individuel sur son patrimoine personnel des dettes contractées dans le cadre de son activité professionnelle.

Ce qui fait la différence, ce sont le régime social et le régime fiscal ainsi que les obligations comptables qui en découlent.

         • L'entrepreneur individuel

L'entrepreneur individuel est soumis à plus de contraintes administratives et comptables  que l'autoentrepreneur. Rattaché à sécurité sociale des indépendants, il paye ses cotisations sur la base du bénéfice fiscal de l'entreprise. Comme celui-ci est calculé en fin d'année, il paye à l'avance un montant estimé, montant qui est recalculé l'année suivante sur la base du revenu réel déclaré lors de la déclaration sociale des indépendants (DSI) qu'il doit faire chaque année. Au plan fiscal, il relève du régime réel (il réintègre le bénéfice de son entreprise au barème progressif de l'impôt sur le revenu de son foyer fiscal : chiffre d'affaires annuel diminué des charges de l'entreprise). Au plan comptable, il peut être tenu à une comptabilité plus contraignante (avec édition de bilan).

         • L'autoentrepreneur

L'autoentrepreneur, quant à lui, bénéficie d'un régime simplifié : il relève de la sécurité sociale des indépendants mais il paye ses cotisations sociales sur la base son chiffre d'affaires et uniquement s'il réalise un chiffre d'affaires. Autrement dit, pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations sociales. En outre, il peut payer l'impôt sur les revenus de son activité en même temps que ses cotisations sociales s'il a opté pour le prélèvement libératoire. S'il n'a pas opté pour le prélèvement libératoire, il déclare son chiffre d'affaires sur la feuille 2042 Pro lors de la déclaration annuelle de ses revenus. Ce chiffre d'affaires diminué d'un abattement forfaitaire pour charges est réintégré au revenu de son foyer fiscal. Au plan comptable, il tient une comptabilité simplifiée (livre journal des recettes, registre des achats et conservation des factures pendant 10 ans).

 

? Suis-je limité en termes de chiffre d'affaires ?

Oui. Mais cela dépend de l'activité. Pour les prestations de service et les professions libérales y compris la location de meublés, un entrepreneur individuel peut bénéficier du régime fiscal simplifié de la microentreprise quand son CA HT réalisé en 2017 ne dépasse pas 70 000 € HT

Pour les activités de vente de marchandises, fournitures de denrées à emporter ou à consommer sur place et de fourniture de logement  (hors location de meublés), ce seuil passe à 170 000 € HT.

 

? Dois-je facturer la TVA ?

Non, mais seulement jusqu'à un certain seuil de chiffre d'affaires. Ainsi, vous perdez le bénéfice de la franchise en base de TVA dès que vous dépassez certains seuils. En 2018, le seuil de franchise de TVA est fixé à :
- 91 000 € pour les activités d'achat-revente, de vente à consommer sur place et de prestations d'hébergement
- 35 200 € pour les autres activités (services, artisanat, professions libérales).

Si vous dépassez ce seuil, vous perdez le bénéfice de la dispense de TVA et vous serez obligé de la facturer. Ceci signifie une comptabilité et une facturation plus complexe.
 

? Comment s'immatriculer autoentrepreneur ?

Selon votre activité vous pouvez vous immatriculer sur divers sites institutionnels :
Si votre activité est libérale : www.cfe.urssaf.fr
Si votre activité est artisanale : www.cfe-metiers.com
Si votre activité est commerciale : www.cfenet.cci.fr
Si vous n'êtes pas certain de la nature de votre activité, mieux vaut vous inscrire sur : www.guichet-entreprises.fr ou www.lautoentrepreneur.fr. Ces organismes transmettront votre demande d'immatriculation au CFE compétent.

Cette immatriculation vous permettra d'obtenir votre numéro Siren.

Il existe aussi des sites privés payants qui vous peuvent vous immatriculer et effectuer pour vous certaines démarches. Il vous propose des services payants une fois immatriculé (facturation, conseils juridiques, accompagnement dans les démarches à effectuer en cas de changement de situation...).

            • Exemples 

www.pole-entrepreneur.net
www.portail-autoentrepreneur.fr
www.evoportail.fr

 

? Avant de se lancer, bien se préparer

Mieux vaut démarrer son activité en étant bien informé au préalable. Internet regorge de sites internet dédiés aux entrepreneurs porteurs de projets (ex. : www.afecreation.fr). Certains sont mêmes dédiés aux autoentrepreneurs (notamment les sites payants proposant les services d'immatriculation ci-dessus). Les chambres de commerce et d'industrie peuvent aussi vous aider à monter votre projet d'entreprise et vous permettra de décider si le statut de micro-entrepreneur est adapté. Par exemple, la CCI de Marseille Provence propose des ateliers d'information en groupe et des entretiens individuels pour vous permettre de valider votre projet ('Pass entreprendre', 'Entretien découverte 180°'). Vous pouvez ensuite accéder à une formation payante de 5 jours pour monter votre business plan ('5 jours pour entreprendre' - formation pouvant être prise en charge sous conditions). 'Cette dernière formation est plutôt destinée à l'entrepreneur qui a dépassé le stade du projet et a déjà effectué des études de marché et entamé la construction de son business plan, car cela va lui permettre de le peaufiner en vue de le présenter aux banques', précise Kamel Amer, expert création et financement d'entreprise à la CCI Marseille Provence.  


#Autoentrepreneur

Retours d'expérience

En chiffre 


1,1 million : nombre total d'autoentrepreneur fin 2016

33 000  : C'est le nombre d'autoentrepreneur du secteur 'hébergement et restauration' recensés fin 2016 par l'Acoss. Un nombre qui devrait augmenter si on en croit la tendance relevée par l'Insee qui relève que tous secteurs confondus 2017 a enregistré une hausse significative de 9 %. 

19 400  : autro-entrepreneur du secteur CHR 'économiquement actifs'  c'est-à-dire dégageant un, chiffre d'affaires non nul 

4213€  : chiffre d'affaires trimestriel moyen fin 2016

(sources Accoss Stat n°252 – Juillet 2017)


Retours d'expérience


? Grégoire Leclercq, président de la fédération des autoentrepreneurs (80 000 adhérents) :

'Le statut autoentrepreneur est utile et intéressant lorsque votre chiffre d'affaires est compris entre 0 - 25 K€. Entre 25 K€ - 40 K€ de CA, ce statut va vous coûter un peu plus cher que le statut de l'entreprise individuelle classique (imposition au réel), mais la simplicité du statut autoentrepreneur peut le mériter. Au-delà 40 K€ de CA, le statut d'autoentrepreneur n'est plus intéressant en raison de la complexité et du coût de la comptabilité notamment liés à la facturation de TVA et à la non-déduction des charges'.


? Laurent Poulain, maître d'hôtel à domicile à Paris et région parisienne

'En complément de mon activité principale salariée de maître d'hôtel en salle à manger privée pour dirigeants d'entreprise, j'exerce une activité complémentaire de maître d'hôtel à domicile pour des réceptions et cocktails organisés par des sociétés ou des particuliers. Je me suis enregistré en tant qu'autoentrepreneur il y a environ cinq ans lors de la création du statut, mais je proposais déjà mes services avant la création du statut. Le fait d'avoir un statut officiel et un numéro de Siret rassure les clients car ils m'identifient immédiatement comme un professionnel. Côté administratif, j'ai trouvé les démarches d'inscription assez simples. À l'époque, le statut était nouveau et je suis passé par un site payant. Aujourd'hui avec l'expérience, je pense que l'on peut éviter les sites payants que je trouve personnellement inutile. Pour ma part, j'utilise net-entreprise.fr et j'en suis content. Je déclare mon chiffre d'affaires mensuellement et je vois instantanément lors de cette déclaration, la somme à payer au titre des cotisations sociales et de l'impôt sur le revenu (car j'ai opté pour le prélèvement libératoire)'.



? Clément Tomasella, alias chef Clément, 26 ans, chef à domicile, consultant culinaire et formateur pour professionnels à Aix-en-Provence

'Après un bac technologique hôtellerie -restauration et un BTS responsable d'hébergement, je me suis lancé directement en indépendant à 18 ans. Je ne me voyais pas rester en cuisine toute la journée. J'avais besoin du contact client. Le statut d'autoentrepreneur était idéal pour me lancer sans engagement financier donc sans prendre de risques. Heureusement d'ailleurs car j'ai mis 2 à 3 ans à créer ma clientèle. Aujourd'hui, mon activité consiste à 70 % à donner des cours de cuisine au domicile des particuliers, le reste se répartit en animation d'ateliers culinaires sur site, des prestations de chef à domicile pour une clientèle essentiellement américaine, et du conseil pour les professionnels (vidéos et photos culinaires, créations de recettes, coaching en création de concept de restauration). Le statut d'autoentrepreneur est pour moi tout à fait adapté. Je déclare mes recettes chaque trimestre et j'ai opté pour le prélèvement libératoire de l’impôt sur les revenus. Je supporte 26 % de charges. Toutefois, je pense que je vais bientôt dépasser le seuil de franchise en base de TVA. Par conséquent je réfléchis à abandonner le statut d'autoentrepreneur pour basculer sur la création d'une société. Ceci me permettrait de déduire des charges dont mes charges de comptabilité liées à la facturation de TVA, chose impossible avec mon statut actuel'.