RETOUR

Les formations en tourisme plus écolos que la réalité du secteur

par webmaster le 05-03-2020

Les formations en tourisme plus « écolos » que la réalité du secteur

Au-delà de la niche de l’écotourisme, les licences ou masters prennent de plus en plus en compte les préoccupations environnementales. Au risque d’aller plus vite que l’évolution réelle des emplois.

Par Rahma Adjadj Publié le 02 mars 2020 à 15h30 - Mis à jour le 02 mars 2020 à 20h10

Cf. MC Campus Le Monde – Etudes de tourisme hôtellerie restauration.

A Saumur, dans une bâtisse du XVe siècle reconvertie en campus universitaire, Théo, Hugo, Stephen et Pauline discutent à bâtons rompus de l’avenir du tourisme. Pourra-t-on continuer à prendre l’avion ? Comment ouvrir au public les espaces protégés sans les dégrader ? Quels types de séjours sont vraiment respectueux de l’environnement ? « Si les touristes connaissaient mieux la nature, ils voudraient davantage la protéger », lance Hugo.

Ces étudiants sont en licence professionnelle métiers du tourisme, option « concepteur de parcours en écotourisme et découverte de l’environnement ». Un diplôme créé il y a vingt ans par l’université d’Angers, et qui a accompagné l’essor de l’écotourisme – une pratique axée sur la découverte d’espaces naturels, la préservation de la biodiversité, les échanges culturels entre les communautés locales et les voyageurs. « L’évolution de ces cursus se fera sous la pression des étudiants », affirme Sébastien Jacquot, enseignant-chercheur en géographie

L’année dernière, 130 étudiants ont postulé à cette licence, pour seulement 20 places. Parmi eux, Stephen, titulaire d’un DUT en gestion, qui est allé de France jusqu’au Laos à bicyclette, et a choisi de s’orienter vers l’écotourisme pour conjuguer sa passion de l’aventure avec ses « valeurs environnementales ». Il a décroché un stage dans une agence de voyages de Rennes qui conçoit des séjours à vélo. Certains souhaitent devenir guide nature ou monter une ferme pédagogique. Un ancien de la licence a créé des parcours à cheval dans les Pyrénées, en immersion pendant plusieurs jours.

« Un effet de mode »

« Nous sommes conscients que l’écotourisme est un secteur de niche, mais plein de métiers sont à créer », affirment les étudiants d’un commun accord. La licence peut se targuer d’un taux d’insertion de 91 %, six mois après le diplôme. « Mais il ne faut pas seulement aimer la nature pour étudier l’écotourisme, il faut un projet professionnel. Souvent, les élèves se mettent en autoentrepreneurs et créent leur activité. Ils proposent à des offices du tourisme ou des réserves naturelles des concepts d’écotourisme », détaille Céline Barthon, responsable de la formation.

Si cette licence est pionnière dans son domaine, d’autres formations ont émergé plus récemment afin d’associer tourisme et préoccupations environnementales. On peut citer la licence « tourisme et innovations durables » à l’université de Toulon, le master « tourisme et développement des territoires » proposé à Béziers par l’université de Montpellier, ou encore celui en « tourisme et environnement » de l’université de Versailles Saint-Quentin.