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Cinq astuces pour décrypter les étiquettes alimentaires

par webmaster le 18-06-2020

Cinq  astuces pour décrypter les  étiquettes alimentaires

ALIMENTATION Un hors-série de « 60 Millions de consommateurs », qui paraît ce jeudi, livre quelques astuces pour « manger sans s’empoisonner. Fausses promesses, proportions ..

Publié le 18/06/20 à 06h15 — Mis à jour le 18/06/20 à 11h02 – 20 Minutes - Oihana Gabriel Un hors-série de '60 Millions de consommateurs' livre quelques astuces pour faire ses courses en sachant quoi mettre dans son chariot. — Pixabay

  • Un hors-série de 60 Millions de consommateurs propose aux lecteurs un dossier intitulé « Manger sans s’empoisonner ». Le magazine, édité par l’Institut national de la consommation, passe au crible 100 produits alimentaires pour voir s’ils sont réellement mauvais pour la santé. Pour chaque dossier, la revue propose de petites astuces pour apprendre à décrypter les étiquettes qui cachent parfois sel, sucre, additifs ou colorants. Le magazine publié par l’Institut national de la consommation se penche sur nos assiettes. Ou plutôt sur les étiquettes des aliments vendus en grande surface. En effet, un hors-série de  60 Millions de consommateurs, qui paraît ce jeudi, propose de « Manger sans s’empoisonner ». Et souhaite aider le consommateur à mieux décrypter les étiquettes de produits où se cachent sel, sucre, gras, colorants. 60 Millions de consommateurs passe au crible une centaine de produits alimentaires de base, du vinaigre balsamique aux saucisses, et propose une analyse des stratégies du marketing pour nous faire avaler n’importe quoi. Avec l’aide de ce magazine et les conseils de Florence Foucaut, diététicienne nutritionniste, 20 Minutes vous propose cinq conseils pour mieux s’y retrouver. Bien lire les ingrédients S’il y a bien quelque chose qui se voit de loin, c’est la taille de l’étiquette. « Plus la liste est longue, moins le produit est bon, introduit Florence Foucaut. Cela sous-entend qu’il y a beaucoup d’additifs, d’exhausteurs de goût, de colorants, donc qu’il est très transformé. » Deuxième information importante : la composition est écrite de manière décroissante, souligne le magazine. Un bon réflexe à prendre est donc de « regarder quel est le premier ingrédient de la liste, car c’est celui qui est majoritaire, reprend-elle. Il faut également voir si ça correspond au produit qu’on veut acheter. Si vous prenez un hachis Parmentier et que la viande arrive en cinquième position, c’est assez problématique ! » Si vous n’avez que peu de temps, donc, autant épousseter uniquement le début de la liste. Chasser les produits cachés De nombreux ingrédients passe par la fenêtre pour ne pas figurer sur l’étiquette. Le magazine détaille, produit par produit (sel, sucre, gras, colorants…) ceux qui enrichissent (ou appauvrissent) nos aliments. Et le grand public n’a pas toujours le dictionnaire nécessaire. Ainsi, la revue traduit les allégations « sans sel ajouté », « pauvre en sel », « 25 % de sel en moins »… « Des compotes 'allégées en sucre' ont parfois davantage de sucre que celles 'sans sucre ajouté', illustre Florence Foucaut. Car 'allégé' veut dire qu’on a diminué de 25 % la teneur en sucre du produit initial… qu’on ne connaît pas ». Elle plaide donc pour comparer les étiquettes pour 100 g de compote plutôt que de s’arrêter au slogan. Pas évident de s’y retrouver dans la montagne de logos… « Plus on a d’informations sur l’alimentation, moins les gens mangent bien, déplore-t-elle. Le souci reste l’éducation nutritionnelle de base, connaître les aliments, revenir au fait maison. Avec le confinement, beaucoup se sont remis à la cuisine, ont découvert que ça ne prend pas tant de temps que ça… Il faudra voir si les bonnes habitudes restent. »

Se méfier des promesses « Éthique », « bio », « diététique », « sans sucre »… Les nutritionnistes interrogées par 60 Millions invitent à nous méfier des slogans racoleurs. On découvrira dans cette revue que le bio peut utiliser trois colorants et certains conservateurs controversés. Si l’on s’attaque au sucre qui, on le sait, n’est pas le meilleur ami de notre summer body ou de notre foie, la méfiance doit être au rendez-vous. Le hors-série indique que « certains aliments présentés comme 'naturels' ou 'sains' sont chargés de sucres ajoutés, ce qui aggrave la confusion, accusent les créateurs du site Sugar Science. La mention 'sans sucres' n’exclut pas le saccharose et les sucres simples, et encore moins les édulcorants de synthèse. Et les produits 'sans sucres ajoutés' peuvent contenir des ingrédients naturellement sucrés comme le moût de raisin ou des extraits de jus de fruits concentré. »

Attention aux proportions ! Pas simple de comprendre quelle est la tenue en gras d’un pot de Nutella… « Pour certains produits, les valeurs en calories et en lipides aux 100 g n’ont pas beaucoup de sens », constate Laurence Plumey, nutritionniste interrogée par le magazine. Mieux vaut donc se référer aux mesures pour une portion, car il n’est pas prévu que vous finissiez une plaquette de chocolat ou une boîte de céréales en un repas. Autre piège : « sur l’emballage, les industriels sont obligés de donner l’information sur la teneur en sucre, ou en gras, reprend Florence Foucaut. Ils affichent souvent une composition nutritionnelle pour 100 g, mais ça ne correspond pas à une portion, ce qui rajoute du flou dans la tête du consommateur. Ce n’est pas simple parce qu’il faut faire une règle de 3 pour comprendre quelle est la quantité ingérée. » Ainsi, le magazine cite l’exemple de deux types de céréales qui affichent la teneur en calories pour 30 g, sachant que la consommation d’un adulte se situe plutôt autour de 45 g par matin… « Globalement, c’est très parlant de convertir ce qui est affiché sur l’étiquette en mesure usuelle, reprend la nutritionniste. En gros, on peut retenir que 5 g de sucre équivalent à un morceau de sucre et que 10 g de lipides, c’est une cuillère à soupe d’huile. »

Bien se servir des différents outils Aujourd’hui, le consommateur bénéficie de plusieurs coups de pouce. Le Nutri-Score d’abord. Ce logo, qui affiche une lettre de A à E et une couleur, de vert à rouge, aide à remplir son caddie plus sainement. Le score prend en compte la teneur en nutriments et aliments à favoriser (fibres, protéines, fruits et légumes), mais également en ingrédients à limiter (acides gras saturés, sucres, sel). « Mais pas les additifs, regrette Florence Foucaut. Le problème, c’est que seulement 4 Français sur 10 connaissent et se servent du Nutri-Score. » Qui n’est affiché que sur 30 % des produits, comme le dévoile une enquête du Credoc de mai 2020. Impossible de toute façon de remplir son chariot de produits uniquement verts. La nutritionniste Laurence Mazziotta, interrogée par 60 Millions de consommateurs, assure ainsi : « Le beurre va être classé E (rouge) sur l’échelle du Nutri-Score à cause de sa haute teneur en matières grasses et la salade comportera la mention A (vert). Faut-il, pour autant, se passer entièrement de beurre et ne consommer que de la salade ? » Pour la diététicienne, se focaliser sur l’intérêt nutritionnel des aliments peut conduire à des troubles du comportement alimentaire. « Il faut garder en tête la fréquence de consommation, le cassoulet C ou D, en général, on n’en mange pas tous les jours, renchérit Florence Foucaut. Mais cela a eu un impact positif : les industriels ont été obligés de revoir leurs recettes, notamment en baissant le sel. » Deuxième outil utile : les applications de nutrition qui ont fleuri ces dernières années. « À condition de savoir ce que l’algorithme prend en compte et ce qu’il ne retient pas », nuance la diététicienne. Car certaines mettent en avant le côté éthique, d’autres les impacts sur la santé. « Aujourd’hui, il y a des additifs partout, tranche Florence Foucaut. Là où il faut être plus vigilant, c’est sur les produits simples. Typiquement, une purée de carottes, une compote de pommes, une ratatouille surgelée, si c’est bourré d’additifs, on évite. » Scanner, comparer, faire une petite équation peut prendre du temps, mais en général, on achète souvent les mêmes aliments, donc on prend de bons réflexes une fois pour toutes…